Dimanche 23 décembre 2007

Bonjour à tous.

Cela fait maintenant six mois que nous sommes partis. La caravane est devenue notre maison et nous nous y sentons bien. L’espace est certes étroit mais cela ne nous dérange pas. Nous sommes en pleine nature, bercés par les vents.

Ce dont nous nous rendons compte chaque jour est à quel point notre société dirige ses efforts vers le faire et oublie l’Etre. Comme si l’être pouvait se réaliser par le faire. Le faire engendre le faire et il n’a pas de fin. Avec le faire vient l’avoir, il en faut toujours plus pour un bonheur qui ne vient jamais. Il n’y a plus de place pour l’essence qui crie au fond du cœur, de l’âme.

Aller vers l’être signifie avoir le courage de ne plus entrer dans les schémas qui semblent évidents pour tout le monde, puisque tout le monde fait comme ça. Depuis notre enfance on nous dit que la construction de soi est basée sur une façon bien définie de paraître dans le monde, au point de se duper soi-même. On n’emporte rien dans l’au-delà et pourtant on se manifeste dans la vie comme si l’essentiel était d’accumuler des biens ou une image. Accepter que tout cela se dissolve est difficile et douloureux car on ne sait plus qui l’on est, au regard de soi-même. Cela ressemble à un vide infini, un abyme sans fin dans lequel on tombe. Et pourtant, comme c’est passionnant de s’y jeter.

A part cela, tout va bien, la caravane danse doucement sous le vent du voyage intérieur. Les mirages se dissipent. Entrer dans l’action uniquement avec la conscience que c’est l’être qui le souhaite et non la mécanique occupationnelle qui le décide. Alors les choses se font d’elles-mêmes.

Nous entendons les habituels commentaires : « il faut bien vivre. » Certes, mais la question n’est pas dans le « il faut », mais dans le comment. Puisque tout se résume à l’argent, quel prix mettre sur une qualité de vie ? Combien cela vaut-il ? Et pourquoi la vie nous lâcherait-elle, pourquoi ne pourvoirait-elle pas à nos besoins essentiels si l’on marche dans son sens ?

Comme on le dit, le mental est un excellent serviteur mais un très mauvais maître. Il ne résoudra jamais rien pour le bonheur de l’homme.

Olivier continue à écrire son livre dont le genre est ce que l’on appelle la fantasy, ce que l’on appelait autrefois en français le merveilleux. Les 300 pages sont passées mais son histoire ne semble pas vouloir s’arrêter. Elle le mène par le bout du nez, ou plutôt le bout de l’imaginaire et il ne sait pas jusqu’où elle le conduira. Sylvie fait de l’aquarelle ou peint selon ses humeurs.

Nous recherchons toujours un lieu tout en sachant que les choses viennent quand elles doivent venir. Et puis s’il n’y a pas de lieu, il y aura autre chose. Le pick-up s’avère indispensable et sans lui, nous n’aurions jamais pu amener la caravane jusqu’ici. Il a neigé pendant quelques jours et la piste a souffert lors de la fonte. A bientôt. Joyeux Noël

Par Les voyageurs intrigués
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